Chapitre 1 :J'avais tenue ma promesse...il avait tenu la sienne...
«...Tu me quittes ?...
...oui... »
Six mois. Cela faisait six mois qu'il était parti. Je ne sais pas comment j'ai réussi à vivre tant de temps. «...Je ne reviendrais pas....Ce sera comme si je n'avais jamais existé. ...» Ces mots résonnent encore quelques fois dans ma tête. J'avais respecté ma promesse : pas d'actes insensés ni dangereux et lui avait tenu la sienne : il n'était jamais revenue.
J'avais bien passé trois ou quatre mois à m'en remettre et jamais la vie ne m'avait semblé si difficile, si longue et si ennuyeuse. Plus rien n'avait de sens. Et puis j'ai commencé à l'oublier petit à petit. Son visage devenait moins net dans ma pauvre mémoire de simple humaine. Je n'arrivais plus à imaginer sa voie ou ses réactions devant quelques situations.
Tout d'abord ce changement me fit peur : je l'oubliais. Or je désirais tout sauf l'oublier. Il avait été mon soleil dans une vie sans but. Tout mon univers tournait autour de sa personne. Alors quand il est parti je me suis effondrée comme la Terre si un jour le Soleil venait à disparaître. J'errais sans fin ni but ni espoir ,les yeux vides, la bouche sèche.
Au début la mort semblait être le bon moyen pour soulagée ma souffrance, mais j'avais promis et puis il me fallait penser à Charlie. Cela aurait été égoïste de mettre fin à ma vie dans le seul but de supprimer mes seules souffrances si Charlie devait en souffrir tout autant après.
Bien évidemment ma guérison ne se fit pas en un jour. Il me fallut bien deux mois pour recommencer à sourire puis à rire et enfin à plaisanter. Je recommençais à sortir doucement au début puis de plus en plus. J'avais soif de vie. La vie était courte –surtout pour les humains autrement dit pour moi. Je devais en profiter. Je pensais encore à lui certes mais sans tristesse avec même un soupçon de gratitude : ne m'avait pas t'il fait passé les meilleurs moments de ma pauvre vie d'humaine ? Je lui étais redevable sur ce point peut-être...C'était comme un souvenir d'amourette de vacances ou plutôt c'était ce que j'aimais à me faire croire car bien sûr je me mentais. Un trou horrible ornait ma poitrine et quand je n'y prenait pas garde quand ma concentration se relâchait il s'ouvrait et déversait sur moi toute la tristesse la rage et le désespoir qu'il contenait. Le plus souvent ce flot de souvenirs et de sentiments attaquait pendant mon sommeil, au plein milieu de mes rêves sans sens, les couleurs prenaient forme humaine et je revivais plusieurs fois les merveilleuses scènes de mon existence à ses côtés.
Je passais le plus clair de mon temps avec Angela même si je m'efforçais de ne pas monopoliser le sien pour lui en laisser avec Ben, ces deux-là étaient toujours ensemble et j'avoue qu'une petite pointe de jalousie naissait quand je les voyais tout les deux. Mike était gentil peut-être un peu trop d'ailleurs. Depuis que j'avais retrouvé mon sens de l'humour c'était lui qui arrivait à me faire rire en tout cas lui le plus souvent.
« Hey ! Arizona ! Alors comment vas-tu ? La pluie glacée ne te fais pas peur ?? C'est un vrais déluge dehors !! déclara-t-il en rigolant un matin de mi-mars où effectivement le ciel ressemblait plus à un océan qu'à un fond bleu avec des nuages et tout le tralala ; je n'étais même pas sûre de distinguer le soleil si je levais la tête.
-Plus maintenant ! je m'y suis habituée tu sais, la pluie la verdure le froid...
Le froid ,oui , je m'y étais habituée il y a quelque temps....
-Tu ne vas pas me dire que le soleil de Jacksonville ne te manques plus ?!
-Je n'irais pas jusque là, Mike...
Il rigola et je suivis son exemple telle une brebis égarée.
-Et heureusement ! Sinon il va falloir que je trouve autre chose pour t'embêter !
-Mince ! Je rate une occasion de te voir réfléchir !
-C'est vrai que ça n'arrive pas souvent ! »
Il passa son bras au-dessus de mon épaule –geste devenue courant presque banale- et m'attira vers notre prochain cours.
Mathématiques. Lundi matin. Mathématiques/Lundi matin...Lundi matin/Mathématiques... J'avais beau chercher et chercher pour moi ces trois mots n'allaient pas ensemble et pourtant cela existait... Double cours de Mathématiques dès le Lundi matin. C'était pire que mes cauchemar. Bon d'accord peut-être pas pire qu'eux mais ça les valaient bien. Je ne comprenais rien, strictement rien ! Mike était donc obligé –à son grand bonheur d'ailleurs- de tout, je dis bien tout, me ré expliquer. Je passais les deux heures à souffler et à plisser le front sous la concentration pendant que lui me souriait l'air compatissant avant de m'expliquer avec beaucoup beaucoup de patience.
Heureusement, les emplois du temps devaient être fait par des humains car après ces deux heures infernales, je bénéficiais ô bonheur d'une heure d'Anglais en compagnie d'Angela.
« ...Tu as commencé tes dossiers pour l'université ? me demanda-t-elle tout en continuant de prendre des notes.
-Commencé et fini ! déclarais-je fièrement avec ma mimique du poing victorieux.
-Toutes ?!
-Oui !
-même Harvard et tout ?
-Ouais je me suis dis que je n'avais rien à perdre à demander même si je suis sûre de n'avoir aucunes chances de toute façon je n'ai aucunes idées de ce que je veux faire donc autant tout demander ! déclarais-je avec une décontraction que je n'avais pas.
Quitter Forks me révulsait d'un côté, et de l'autre m'était nécessaire pour pouvoir correctement oublier et vivre même si cela semblait impossible. J'avais donc travaillé à élaborer des tonnes de plans tout en priant pour qu'ils ne se réalisent jamais.
-moi je n'en termine pas...
-Tu veux que je t'aides ?
-C'est gentil mais Ben c'est déjà proposé et comme il ne le fait pas souvent j'ai bien l'intention d'en profiter !
-Oui tu as raison...
-Et sinon j'ai vu que tu t'amusais bien avec Mike ce matin...
-Oui oui il est sympa, il me fait rire.
Je regrettais immédiatement mes paroles qui pouvaient sonner autrement que je ne le pensais réellement.
-Mais ?
Ouff ! Angela était toujours la même, voyant ce que les autres ne voient pas.
-Mais ce n'est qu'un ami et ça m'embête de devoir le renvoyer sur le roses de temps en temps...
-Je te comprends...mais si je peux te donner un conseil tu devrais juste une fois ne pas l'envoyer dans le rosier ...
-Comment ça ?
-Je veux dire tu devrais essayer. Je pense que tu en as besoin juste pour passer à autre chose...
-Donc je devrais me servir de lui, c'est ça ?
Angela grimaça, visiblement gênée.
-Non ! Non, bien sûr que non ! Je n'ai jamais dit ça, mais bon comme tu l'aimes bien et que lui t'aime plus que bien, tu devrais ,je dis bien devrais, juste essayer pour voir ce que ça donne...
-Je sais pas si c'est une bonne idée...
Elle s'arrêta un instant, ce qui me surprit ce n'était pas son genre. Elle cherchais ses mots essayant de dire ce qu'elle pensait sans pour autant me blesser ou se méler de ce qui ne la regardait pas. Ha ! Angela...
-Ecoute tu as l'air de t'être remise de l'autre mais j'ai l'impression que ce n'est qu'une facette que tu montres au gens pour qu'ils soient contents . Alors je ne sais pas je prenais Mike au hasard mais j'aimerais que tu sois heureuse là tu es....Je ne sais pas comment tu es en fait... Bon après tu fais ce que tu veux ; je veux dire que je ne veux pas te forcer, je me mêle de ce qui ne me regarde pas de toute façon...
-Bien sûr que si ça te regarde puisque tu es mon amie ! Et je comprends ce que tu veux dire... »
Oui je comprenais ce qu'elle voulait dire. Je ne pouvais réellement passer à autre chose et vivre si je n'avais pas eu d'autres relations qui pourraient éclipser les souvenirs de... son souvenir.
Nous arrivions à la cafétéria ensemble et nous installâmes à notre table habituel avec Mike Jessica et les autres.
Je ne faisais pas vraiment intention au autres je devais l'avouer, j'étais plus que plongée dans mes pensées réfléchissant à ce que m'avait révélé Angela.
« ...Et sinon ça vous dit un week-end camping dans les bois ? C'est mes parents qui s'occupent de fournir le matériel ! demanda Mike au beau milieu du repas.
La grande majorité accepta commençant même à faire des prévisions des fous rire à venir.
-et toi Bella ?
-Moi ?
Je regardais discrètement Angela qui mangeait avec un intérêt exagéré son beignet au chocolat.
-Bas oui pourquoi pas ? ... Mais pense à prendre un week-end où la météo soit plus clémente et plusieurs couches de duvet tu sais à quel point je suis frileuse !
Il rigola visiblement heureux de ma réponse. Angela me souriait timidement de son côté.
-Ne t'inquiète pas ils ont prévu un grand soleil pour samedi-dimanche et on fera un feu de camp tu n'auras pas froid du tout je te le promet !
-Et on va où camper ? A la Push ?
-Non les Quilleutes ne laissent plus grand monde camper en ce moment... mais il y a plein d'autres bois avant Port Angeles on ira par là...Et ne t 'inquiète pas on prendra un endroit avec du réseau, reprit-il après avoir vu la mine déconfite que j'essayais d'afficher. »
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